Plusieurs dizaines de personnes ont
participé, samedi à Montréal sous un froid
glacial, à une "vigile manifestation citoyenne, silencieuse et
pacifique" pour réclamer que le secret soit levé sur le
contenu du dossier de l’enquête et que justice soit rendue au
jeune marocain feu Anas Bennis, tué de deux balles par un
policier le 1er Décembre 2005, et à sa famille.
La manifestation, organisée par le collectif "Justice pour
Anas", s’est déroulée à l’endroit même
où le jeune marocain avait été tué. Le
collectif "Justice pour Anas" regroupe un grand nombre d’associations
marocaines du Québec, appuyées par beaucoup d’autres ONG
québécoises oeuvrant dans le domaine des droits de
l’Homme telles le Comité d’Opposition à la
Brutalité Policière et l’association "Nobody Is
Illégal".
Plusieurs personnalités, dont le maire adjoint de
Montréal, M. Marcel Tremblay, sont venues témoigner leur
soutien au père du défunt, M. Mohamed Bennis, et aux
membres de sa famille au cours de cette manifestation.
Le 1er décembre 2005, tôt le matin, un incident impliquant
un (ou plusieurs) agents du Service de police de la Ville de
Montréal, connaissait une tournure tragique et coûtait la
vie au jeune marocain de 25 ans.
Un an plus tard, indique un communiqué du collectif, "les
circonstances qui ont amené un policier à faire usage de
son arme à feu et de tuer Anas de deux balles dont une en plein
coeur, ne sont toujours pas élucidées".
Malgré une enquête du Service de Police de Québec,
une autre du Coroner général (Procureur) et une
procédure anormalement longue, on ne sait toujours pas ce qui
s’est passé, ajoute-t-on de même source. "Un
communiqué laconique nous apprenait sans plus de détails,
il y a quelques jours, précise le texte, qu’aucune poursuite
n’était envisagée contre le policier impliqué dans
l’affaire.
M. Mohamed Bennis, père de la victime, venu du Maroc pour
entamer une ultime démarche pour prendre connaissance du
dossier, a affirmé dans une déclaration à la MAP
que "l’ensemble du dossier est d’ailleurs placé sous ordonnance
de non publication, décision contre laquelle nous avons
introduit une requête qui a été rejetée par
le Ministère Québécois de la
sécurité publique fin novembre 2006".
Avec l’aide de l’avocat de la famille, le criminaliste Pierre Paquette,
a-t-il ajouté, "nous demandons le bénéfice de
l’application des dispositions de la loi sur l’accès à
l’information. Il faudra cependant attendre au moins huit mois avant de
savoir si cette démarche va être jugée recevable".
"Face à ces délais anormalement longs et devant
l’incompréhensible entêtement des administrations
concernées à nous refuser l’accès au dossier, nous
n’avons d’autres possibilités aujourd’hui que de manifester
publiquement notre colère et de dénoncer
l’évidente injustice dont a été victime Anas",
affirme-t-il.
M. Mohamed Bennis, qui sera de retour dimanche soir au Maroc pense
qu’il faudra aller encore plus loin que la manifestation de samedi pour
connaître la vérité sur la mort de son fils. "Les
autorités québécoises compétentes ne
démontrant aucune bonne volonté et ne fournissant aucun
effort sincère pour la résolution de ce dossier,
j’appelle dès à présent, déclare-t-il,
toutes les associations marocaines des droits de l’Homme à
m’apporter leur aide afin de traduire les autorités responsables
du drame qui a touché ma famille devant la justice
internationale".