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(Manifestation « vigile citoyenne, silencieuse et pacifique » à Montréal )

Rendre justice à feu Anas Bennis, tué par un policier en 2005

Source: L'Opinion 4 décembre 2006

Plusieurs dizaines de personnes ont participé, samedi à Montréal sous un froid glacial, à une "vigile manifestation citoyenne, silencieuse et pacifique" pour réclamer que le secret soit levé sur le contenu du dossier de l’enquête et que justice soit rendue au jeune marocain feu Anas Bennis, tué de deux balles par un policier le 1er Décembre 2005, et à sa famille.

La manifestation, organisée par le collectif "Justice pour Anas", s’est déroulée à l’endroit même où le jeune marocain avait été tué. Le collectif "Justice pour Anas" regroupe un grand nombre d’associations marocaines du Québec, appuyées par beaucoup d’autres ONG québécoises oeuvrant dans le domaine des droits de l’Homme telles le Comité d’Opposition à la Brutalité Policière et l’association "Nobody Is Illégal".

Plusieurs personnalités, dont le maire adjoint de Montréal, M. Marcel Tremblay, sont venues témoigner leur soutien au père du défunt, M. Mohamed Bennis, et aux membres de sa famille au cours de cette manifestation.

Le 1er décembre 2005, tôt le matin, un incident impliquant un (ou plusieurs) agents du Service de police de la Ville de Montréal, connaissait une tournure tragique et coûtait la vie au jeune marocain de 25 ans.

Un an plus tard, indique un communiqué du collectif, "les circonstances qui ont amené un policier à faire usage de son arme à feu et de tuer Anas de deux balles dont une en plein coeur, ne sont toujours pas élucidées".

Malgré une enquête du Service de Police de Québec, une autre du Coroner général (Procureur) et une procédure anormalement longue, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé, ajoute-t-on de même source. "Un communiqué laconique nous apprenait sans plus de détails, il y a quelques jours, précise le texte, qu’aucune poursuite n’était envisagée contre le policier impliqué dans l’affaire.

M. Mohamed Bennis, père de la victime, venu du Maroc pour entamer une ultime démarche pour prendre connaissance du dossier, a affirmé dans une déclaration à la MAP que "l’ensemble du dossier est d’ailleurs placé sous ordonnance de non publication, décision contre laquelle nous avons introduit une requête qui a été rejetée par le Ministère Québécois de la sécurité publique fin novembre 2006".

Avec l’aide de l’avocat de la famille, le criminaliste Pierre Paquette, a-t-il ajouté, "nous demandons le bénéfice de l’application des dispositions de la loi sur l’accès à l’information. Il faudra cependant attendre au moins huit mois avant de savoir si cette démarche va être jugée recevable". "Face à ces délais anormalement longs et devant l’incompréhensible entêtement des administrations concernées à nous refuser l’accès au dossier, nous n’avons d’autres possibilités aujourd’hui que de manifester publiquement notre colère et de dénoncer l’évidente injustice dont a été victime Anas", affirme-t-il.

M. Mohamed Bennis, qui sera de retour dimanche soir au Maroc pense qu’il faudra aller encore plus loin que la manifestation de samedi pour connaître la vérité sur la mort de son fils. "Les autorités québécoises compétentes ne démontrant aucune bonne volonté et ne fournissant aucun effort sincère pour la résolution de ce dossier, j’appelle dès à présent, déclare-t-il, toutes les associations marocaines des droits de l’Homme à m’apporter leur aide afin de traduire les autorités responsables du drame qui a touché ma famille devant la justice internationale".