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La famille d’Anas Bennis, tué par des policiers montréalais en décembre 2005, dénonce la poursuite de la Fraternité des policiers et policières de Montréal pour faire annuler l’enquête publique déclenchée par la coroner en chef du Québec. La famille prétend que la Fraternité a bénéficié injustement d’éléments de preuve qui lui ont toujours été refusés.
Le 3 juin, la coroner en chef Louise Nolet ordonnait
une enquête publique sur les circonstances entourant la mort
d’Anas
Bennis. Le 20 août, la Fraternité engageait une poursuite
judiciaire,
jugeant l’enquête «illégale».
La Fraternité s’appuie sur le
rapport d’enquête du Service de police de la Ville de
Québec et
l’opinion juridique du procureur de la Couronne, qui blanchissent les
policiers impliqués dans le drame. Ces documents ont toujours
été
refusés à la famille Bennis, qui réclame des
explications depuis
maintenant trois ans.
Une enquête publique nécessaire
«La
famille Bennis peut-elle penser que, si ce rapport d’enquête a
été
communiqué par des policiers de la Ville de Québec par
esprit de
solidarité, ceux-ci pouvaient ne pas avoir toute
l’impartialité et la
trans-parence nécessaires pour faire enquête?» a
demandé Me Alain
Arsenault, l’avocat de la famille.
Il considère l’enquête
publique du coroner d’autant plus essentielle.
«L’enquête [initiale]
a été menée par un corps policier pour un autre
corps policier. Il y a
là un problème de transparence et
d’éthique», a-t-il dénoncé.
Yves
Francœur, le président de la Fraternité, qualifie
l’enquête publique du
coroner d’acharnement procédural. «Si nous avons
décidé de contester
juridiquement la pertinence de l’enquête […] c’est parce qu’il
doit y
avoir une limite à chercher des coupables là où il
n’y en a pas»,
a-t-il déclaré.