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Venez soutenir la famille Bennis dans sa lutte pour la vérité, la justice et la dignité
16h, jeudi 1er décembre 2011
Parc Kent, Coin Kent et Côte-des-Neiges
Métro Côte-des-Neiges, autobus #165
Le 1er décembre 2005, Mohamed Anas Bennis rentrait chez lui après la prière matinale effectuée à une mosquée du quartier Côte-des-Neiges quand il a été tué de deux balles tirées par l'agent Yannick Benier de la police de Montréal. Le décès d'Anas a été constaté à son arrivée à l'hôpital.
Depuis la mort d'Anas, la famille Bennis et la Coalition Justice pour Anas ont mené une lutte pour savoir ce qui est arrivé à celui qui était décrit comme une personne douce et sensible. En juin 2008, la coroner en chef du Québec a ordonné la tenue d'une enquête du coroner sur la mort d'Anas (sans doute le résultat de la pression publique exercée par la Coalition Justice pour Anas et d'autres soutiens). Mais en août 2008, la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal a déposé une requête visant à faire annuler cette enquête du coroner. Deux ans plus tard, le 2 septembre 2010, la Cour Supérieure a rendu une décision claire demandant que l'enquête du coroner sur les circonstances de la mort d'Anas ait lieu. Ce jugement a suivi une décision unanime de la Cour d'Appel rejetant la requête de la Fraternité qui visait à faire annuler l'enquête publique sur la mort de Michel Berniquez (qui a été tué par des policiers à Montréal-Nord en 2003). L'enquête du coroner sur la mort d'Anas a finalement eu lieu les 27 et 28 avril 2011, au Palais de Justice de Laval.
Comme beaucoup d'autres enquêtes supposément indépendentes de cette nature, la vérité n'a jamais été révélée. La coroner Catherine Rudel-Tessier a accepté comme faits empiriques la version des policiers quant aux circonstances ayant mené à la mort d'Anas et n'a à aucun moment remis en question la réalité de l'impunité policière qui prévaut. La leçon principale à tirer de cette enquête est qu'on ne peut se fier au Bureau du coroner pour montrer l'injustice d'un système où la police enquête sur la police, ni pour faire la lumière sur ce qui arrive réellement lorsque des citoyenNEs sont tuéEs par la police dans des circonstances nébuleuses.
Le rôle joué par le profilage racial dans les interventions policières n'a pas non plus été abordé dans cette enquête. Celà est d'autant plus choquant lorsqu'on sait que Jonathan Roy -- qui était le partenaire de Yannick Bernier et était impliqué dans les circonstances entourant le meurtre d'Anas -- a été reconnu coupable de cinq infractions au Code de Déontologie Policière par le Comité de déontologie policière pour un incident de profilage racial et de brutalité ayant eu lieu à Côte-des-Neiges en 2008, et pour lequel Roy a été suspendu pendant 23 jours.
Cette parodie d'enquête publique a poussé la Coalition Justice pour Anas à soumettre une plainte contre la coroner Rudel-Tessier, déposée le 3 novembre dernier.
L'impunité policière peut seulement être défiée quand les communautés affectées par la violence policière se soulèvent et luttent. C'est ce qu'a fait il y a quelques semaines la famille Bennis, avec les familles et amiEs de plusieurs autres personnes tuées par la police. Les familles et amiEs des victimes se sont unies de nouveau pour une vigile et manifestation lors du second évènement annuel commémorant les victimes de bavures policières et unissant leurs luttes pour la vérité, la justice et la dignité.
Depuis décembre 2006, il y a eu des évènements annuels pour commémorer la mort d'Anas Bennis. Cette année, pour marquer la sixième année de sa mort, la Coalition Justice pour Anas lance l'appel pour une vigile et un micro ouvert au Parc Kent, près du lieu où Anas a été tué, dans le quartier Côte-des-Neiges. Nous invitons tous les supporters et tous ceux et celles qui s'opposent à la violence policière et à l'impunité à y participer, en solidarité avec la famille Bennis.
En solidarité,