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Montréal, le 2 mai 2007


M. Jacques P. Dupuis
Ministre de la Sécurité publique
Tour des Laurentides
2525, boul. Laurier
5e étage
Québec (Québec)
G1V 2L2


Monsieur le Ministre,


Le Conseil communautaire de Côte-des-Neiges est un regroupement d’une quarantaine d’organismes communautaires de ce quartier de Montréal, un quartier marqué par son caractère multiculturel et par la pauvreté. Ces caractéristiques ont amené le Conseil à se préoccuper, au cours de ses vingt ans d’existence, des questions de discrimination et d’exclusion.  Bien évidemment aussi, les démarches de soutien à l’intégration des immigrantEs et d’insertion sociale des personnes et familles défavorisées sont au cœur du travail quotidien de nos membres.

L’Assemblée générale de nos membres a récemment été saisie d’une demande d’appui aux démarches entreprises par la famille Benis suite au décès par balles du jeune Anas Benis.

Cet événement, survenu il y a plus d’un an au cours d’une intervention policière dans notre quartier, a durement secoué notre communauté.

Les relations ne sont pas toujours au beau fixe entre forces policières et membres de différentes communautés culturelles. De plus, le contexte de tensions au niveau internationales n’ajoute pas à la sérénité des esprits. Dans ce contexte, nous croyons qu’il est d’autant plus de mise pour tous – organismes, individus et – au premier chef – élus et institutions publiques, de faire part d’ouverture, d’écoute, de sensibilité et de transparence. Les efforts nécessaires doivent être faits par tous pour éviter d’amorcer des crises qui ne profiteront à personne.

Nous comprenons que les corps policiers ne peuvent pas fonctionner toujours au grand jour. Mais nous croyons que la mort d’un jeune homme, tué par des policiers, mérite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès. Dans tous les cas et pour toute personne. Mais peut-être encore plus quand la victime fait partie d’un groupe discriminé. Les corps policiers ont des pouvoirs importants. Ils ont également des responsabilités et des devoirs. Dont celui de rendre des comptes sur leurs agissements.
 
Aussi, avons-nous appuyé sans réserve deux demandes formulées par la famille Benis : soit la tenue d’une enquête sur ce décès et l’accès pour la famille à toute l’information nécessaire pour comprendre comment il se fait qu’Anas soit mort.

Monsieur le ministre, nous sommes convaincus que la loi ou la règlementations ou les procédures en usages vous fournissent de nombreuses possibilités d’évacuer ces demandes qui vous ont déjà été formulées. Mais nous sommes convaincus que l’amélioration de la confiance entre communautés – si essentielle à la construction du Québec de demain – passe par des efforts pour construire une compréhension mutuelle. Ces demandes nous semblent légitimes (que diriez-vous si vous perdiez un enfant dans des circonstances inexpliquées?). Y répondre positivement nous apparaît nécessaire. Malgré l’agitation que cela pourrait susciter.  

Vous remerciant de votre attention, nous vous prions, monsieur le ministre d’agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.




cc     M. Bachand et M. Arcand
    M. Marcel Tremblay.