Le Bureau du coroner ordonne une
enquête
Le matin du 1er décembre 2005, Mohamed Anas Bennis, Canadien
d'origine marocaine, a quitté la mosquée
Côte-des-Neiges, située près de son domicile. En
rentrant chez lui, il s'est retrouvé mêlé à
une bagarre avec les agents Yannick Bernier et Jonathan Roy.
Selon le rapport d'autopsie, M. Bennis a bondi sur les policiers sans
motif apparent, armé d'un couteau de cuisine. Ils ont fait feu
en voulant se défendre. Le jeune homme a reçu deux
balles, une au thorax, une autre à l'abdomen. Il est mort peu
après à l'Hôpital général juif.
L'agent Bernier a été poignardé au cou et il a
été sérieusement blessé à la jambe
droite pendant l'incident.
La famille a toujours contesté la version policière des
faits, affirmant que la victime n'avait pas un tempérament
violent. Depuis deux ans, elle se dit insatisfaite des explications
fournies par le SPVM.
Les proches de la victime ont créé une coalition
appelée Justice pour Anas. Ils ont organisé deux veilles
au palais de justice ainsi qu'une manifestation. Ils ont
également envoyé plusieurs lettres au ministre de la
Sécurité publique, Jacques Dupuis. N'ayant pas obtenu de
réponse, ils ont menacé d'entamer des poursuites civiles,
le mois dernier.
Jointe hier, la soeur aînée du jeune homme, Najla Bennis,
s'est dite soulagée de l'enquête publique instituée
hier par le Bureau du coroner.
«Cette enquête est nécessaire, a-t-elle
affirmé. On veut connaître les circonstances de la mort de
mon frère. On veut aussi connaître les résultats de
l'enquête des policiers, et savoir si les moyens utilisés
par les agents étaient appropriés.»
Trois fois blanchis
Le SPVM a préféré ne pas commenter l'annonce du
Bureau du coroner. De son côté, la Fraternité des
policiers et des policières de Montréal est furieuse. Son
président, Yves Francoeur, fait valoir que la police de la Ville
de Québec, un procureur de la Couronne, et le Commissaire
à la déontologie policière se sont tous trois
penchés sur le dossier. Et dans chaque cas, ils ont conclu que
les agents Bernier et Roy avaient agi correctement.
«Ça n'a carrément pas de bon sens,
dénonce-t-il. C'est une décision déplorable de la
coroner en chef. Ça va prendre combien d'instances pour blanchir
nos policiers? Notre policier n'était pas un agresseur,
c'était une victime.»