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Le Bureau du coroner ordonne une enquête

Martin Croteau
Source: La Presse 4 juin  2008

Le matin du 1er décembre 2005, Mohamed Anas Bennis, Canadien d'origine marocaine, a quitté la mosquée Côte-des-Neiges, située près de son domicile. En rentrant chez lui, il s'est retrouvé mêlé à une bagarre avec les agents Yannick Bernier et Jonathan Roy.

Selon le rapport d'autopsie, M. Bennis a bondi sur les policiers sans motif apparent, armé d'un couteau de cuisine. Ils ont fait feu en voulant se défendre. Le jeune homme a reçu deux balles, une au thorax, une autre à l'abdomen. Il est mort peu après à l'Hôpital général juif. L'agent Bernier a été poignardé au cou et il a été sérieusement blessé à la jambe droite pendant l'incident.

La famille a toujours contesté la version policière des faits, affirmant que la victime n'avait pas un tempérament violent. Depuis deux ans, elle se dit insatisfaite des explications fournies par le SPVM.

Les proches de la victime ont créé une coalition appelée Justice pour Anas. Ils ont organisé deux veilles au palais de justice ainsi qu'une manifestation. Ils ont également envoyé plusieurs lettres au ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. N'ayant pas obtenu de réponse, ils ont menacé d'entamer des poursuites civiles, le mois dernier.

Jointe hier, la soeur aînée du jeune homme, Najla Bennis, s'est dite soulagée de l'enquête publique instituée hier par le Bureau du coroner.

«Cette enquête est nécessaire, a-t-elle affirmé. On veut connaître les circonstances de la mort de mon frère. On veut aussi connaître les résultats de l'enquête des policiers, et savoir si les moyens utilisés par les agents étaient appropriés.»

Trois fois blanchis

Le SPVM a préféré ne pas commenter l'annonce du Bureau du coroner. De son côté, la Fraternité des policiers et des policières de Montréal est furieuse. Son président, Yves Francoeur, fait valoir que la police de la Ville de Québec, un procureur de la Couronne, et le Commissaire à la déontologie policière se sont tous trois penchés sur le dossier. Et dans chaque cas, ils ont conclu que les agents Bernier et Roy avaient agi correctement.

«Ça n'a carrément pas de bon sens, dénonce-t-il. C'est une décision déplorable de la coroner en chef. Ça va prendre combien d'instances pour blanchir nos policiers? Notre policier n'était pas un agresseur, c'était une victime.»