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La Coalition Justice pour Anas réclame toujours la tenue d'une enquête publique sur la mort d'Anas Bennis, abattu par un policier montréalais il y aura bientôt trois ans.
Une telle enquête devait avoir lieu sous l'égide de la coroner Catherine Rudel-Tessier mais la Fraternité des policiers de Montréal tente de faire déclarer illégale cette démarche.
Mohamed Anas Bennis, un Canadien d'origine marocaine âgé de 25 ans, a été abattu le premier décembre 2005 après avoir été mêlé à une bagarre avec deux policiers montréalais à sa sortie de la mosquée. Selon l'enquête policière, Bennis aurait poignardé un des policiers avec un couteau de cuisine avant d'être abattu de deux projectiles.
La Fraternité demande à la Cour supérieure d'annuler la tenue de l'enquête ordonnée par la coroner en chef, faisant valoir que les policiers impliqués ont fait l'objet d'une enquête criminelle de la police de Québec à l'issue de laquelle le procureur de la Couronne avait décidé de ne pas porter d'accusations.
De plus, la Fraternité rappelle qu'un premier coroner n'avait vu aucune raison de recommander la tenue d'une enquête publique à la suite de son investigation, que la Cour supérieure a rejeté la plainte privée criminelle portée par la famille Bennis et que le Commissaire à la déontologie policière a rejeté la plainte portée contre les policiers.
L'avocat de la famille Bennis, Me Alain Arsenault, estime toutefois que la lumière n'a toujours pas été faite dans ce dossier.
Il note que le jeune Bennis n'était pas du tout du genre à attaquer sans raison des policiers, que les policiers n'ont jamais fait d'expertises sur le couteau et n'ont jamais pu démontrer qu'il était en sa possession.
Me Arsenault s'interroge également sur ce qu'il appelle le «copinage» entre corps policiers. Il souligne que la Fraternité des policiers de Montréal a présenté en preuve devant la Cour supérieure le rapport du Service de police de la ville de Québec sur l'événement et l'opinion juridique du procureur de la Couronne au dossier, deux documents qui sont normalemement confidentiels.
Il réclame tous les documents afférents à ces rapports, soutenant que les policiers possèdent, de toute évidence, des informations qui n'ont pas été mises à la disposition de la famille.