Mort d'Anas Bennis: Une enquête publique
réclamée
Un groupe de médecins du quartier Côte-des-Neiges
interpelle le ministre de la Sécurité publique du
Québec, Jacques Dupuis, pour qu'il divulgue l'information
entourant la mort d'un Canadien d'origine marocaine.
Mohamed Anas Bennis, 25 ans, a été tué par un
policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) le
1er décembre 2005. De retour de la mosquée du quartier,
il aurait attaqué les policiers avec un couteau et
poignardé l'un d'eux au cou et à la jambe, selon la
version du SPVM. Le policier agressé, qui a été
légèrement blessé, aurait tiré deux balles
sur M. Bennis, dont l'une qui l'a atteint au coeur.
Le groupe d'une vingtaine de médecins réclame une
enquête publique et la divulgation de toute la preuve. Ils se
demandent si le décès de M. Bennis aurait pu être
évité. Les médecins ont décidé
d'intervenir dans le dossier en raison du stress que l'absence
d'information peut occasionner pour les membres des communautés
ethniques, susceptibles d'être victimes de profilage racial.
Menée par les policiers du Service de police de la Ville de
Québec (SPVQ) à la demande du ministère,
l'enquête n'a donné lieu à aucune accusation contre
l'agent qui a tué M. Bennis. Le rapport d'enquête est
demeuré secret et n'a jamais été remis à la
famille. Celle-ci n'a jamais vu le couteau que Bennis aurait eu en
main, ni la vidéo d'une caméra de surveillance
située à proximité.
« Les rapports d'enquête, politique ministérielle ou
autre, ne sont jamais rendus publics », explique Johanne
Pelletier, du bureau du sous-ministre des Transports. Assujettis
à la loi sur la recherche des causes et des circonstances des
décès, les rapports d'enquête ne peuvent être
transmis à quiconque, notamment parce qu'ils contiennent des
informations personnelles.
Par ailleurs, la famille Bennis a pu rencontrer l'enquêteur du
SPVQ qui a mené l'enquête et le procureur qui a
décidé de ne pas déposer d'accusation contre
l'agent qui a tué Mohamed Anas Bennis. « Ils ont pu poser
toutes les questions qu'ils ont voulu », soutient Mme Pelletier.
La famille juge insuffisante cette réponse du ministère
et elle souhaite qu'il revienne sur sa décision. Des policiers
inexpérimentés, pense-t-elle, ont pu se méprendre
sur Anas Bennis puisqu'il portait des vêtements traditionnels
musulmans. Devant le secret qui entoure le rapport d'enquête du
SPVQ, la famille croit qu'il y a des motifs de croire à une
bavure policière.