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La famille Bennis et ses supporters réclament au ministre de la Sécurité Publique : Justice pour Anas!


Le mercredi 11 avril 2007, la Coalition Justice pour Anas a organisé un piquet devant le Palais de Justice de Montréal qui abrite les bureaux du ministre de la Sécurité Publique du Québec, Jaques P. Dupuis. Une quarantaine de personnes se sont joints à la famille de Mohamed Anas Bennis, tué par l'agent Bernier du SPVM le 1er décembre 2005 dans Côte-des-Neiges, pour demander encore une fois une enquête publique afin de lever le voile sur les circonstances entourant la mort de Anas. "Fatigués, fatigués, on veut la vérité!" scandaient les manifestantEs, tout en portant des pancartes sur lesquelles apparaissaient les nombreuses questions demeurées sans réponse: pourquoi le ministre Dupuis refuse-t-il de divulguer les vidéos de surveillance qui ont filmé la scène du drame, pourquoi refuse-t-il de dévoiler le rapport de police et celui du procureur, si Anas a été tué en légitime défense, pourquoi a--til été abattu de deux balles qui ont pénétré son corps de haut en bas?

Les deux soeurs de Anas, Khadija et Najlaa, ont pris la parole pour réclamer la vérité afin de pouvoir enfin faire le deuil de leur frère. Le père de Anas, M. Mohamed Bennis, a pris la parole pour remercier les gens qui continuent de demander Justice pour Anas, plus de 16 mois après sa mort. Les membres de la famille Bennis ont exprimé leur indignation devant le secret, les délais prolongés et le mépris manifestés par le SPVM et le gouvernement du Québec dans cette affaire. Ensuite, M. Azdine Hmimssa, président de l'association Bélagir, qui avait organisé une manifestation le 7 janvier 2006 pour demander une enquête publique, a pris la parole. Le président de la Ligue des Noirs du Québec, M. Dan Philips, a lui aussi dénoncé le mépris manifesté par le gouvernment du Québec envers la famille, et s'est demandé à qui nous devions nous tourner pour obtenir la justice : au ministère de la Sécurité Publique ou à la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal? Huguette Milberg, de Mothers United Against Racism a aussi pris la parole, mettant en relief la réalité systémique et généralisée du profilage racial et de l'impunité policière. Un membre de la Coalition Justice pour Anas a aussi dénoncé le fait qu'au moins 37 personnes ont été tuées par la police de Montréal en 20 années, et ce dans l'impunité la plus totale. Dans chacun de ces cas, comme dans l'affaire Anas, des déviances systémiques entachent les enquêtes sur ces morts qui sont menées par des policiers sur des policiers. Richard Bergeron, de Projet Montréal et conseiller municipal était présent. Dans une lettre, il a demandé la démission du président de la Commission de la Sécurité Publique, Claude Dauphin, qui refuse de répondre aux questions sur l'affaire Anas et prétend que c'est plutôt au ministère de la Sécurité Publique de répondre.

Durant le piquet, une délégation composée de la famille Bennis et de membres de la Coalition Justice pour Anas s'est rendue au bureau du ministre Dupuis afin de lui présenter deux lettres rédigées par M. Bennis père et Khadija Bennis à son attention. Dans ces lettres, ils exprimant leur incompréhension et leur frustration face au secret qui entoure toute l'affaire et dont le ministre Dupuis est responsable. Ils n'ont pu rencontrer de représentantE du Ministre et n'ont pu obtenir un rendez-vous pour une recontre ultérieure.

La Coalition Justice pour Anas tient à remercier les gens qui ont participé à cet événement et à inviter tout le monde  à continuer la lutte pour obtenir: 1) la publication immédiate de tous les rapports, toutes les preuves et tous les renseignements concernant la mort de Anas Bennis; 2) une enquête publique, complète et indépendante sur la mort de Anas Bennis; 3) la fin de l'impunité et de la brutalité policière. Plus d'une trentaine d'organisations appuyent déjà ces revendications.