La Coalition Justice pour Anas confronte la Commission de la
sécurité publique de Montréal
Le soir du jeudi 3 mai 2007, des membres de la Coalition Justice pour
Anas et d'autres allié(e)s ont accompagné Najlaa Bennis,
la soeur de
Mohamed Anas, pour questionner et confronter la Commission de la
sécurité publique de la Ville de Montréal. Cette
Commission est censée
être responsable DU Service de Police de la Ville de
Montréal (SPVM),
mais en pratique elle ne semble faire qu'endosser ses politiques.
Dans une lettre datée du 8 mars 2007 intitulée "Affaire
Anas Bennis:
Claude Dauphin s'en lave les mains", le chef du parti municipal Projet
Montréal, Richard Bergeron, demande la démission du
président de la
Commission de la sécurité publique Claude Dauphin. Il
compare son rôle
à celui du président du scandale d'Option Canada et lui
fait dire:
"J’occupe les postes de vice-président du comité
exécutif et de
responsable de la sécurité publique de la Ville de
Montréal, je fais ce
que mon entourage et mes conseillers me disent de faire, je touche mon
salaire et je ne pose pas de questions." L'attitude de Dauphin face au
"nouveau schéma de couverture de services" qui vise à
augmenter la
"robustesse" (ou brutalité) de la police de quartier est
semblable:
tout ce qu'il trouve à dire est: "Merci et bravo!"
Avant même le début de l'assemblée, de nombreux
agents de sécurité de
l'Hôtel de Ville surveillaient de près les membres de la
Coalition
Justice pour Anas, les escortant jusqu'aux toilettes! Deux policiers
à
vélo étaient aussi présents à
l'extérieur et durant l'assemblée,
l'agent O. Lapointe des relations médias du SPVM se tenait
debout
derrière les membres de la Coalition.
Des brochures d'information sur la mort d'Anas sous les balles de
l'agent Bernier le 1er décembre 2005 ont été
distribuéEs aux personnes
presentes, dont le président de la Fraternité des
Policiers et
Policières de Montréal en personne, Yves Francoeur.
Celui-ci a réagi en
rendant la brochure et en disant: "Vous avez pas suivi
l'actualité
vous?! Le dossier est fermé!" Il a ajouté qu'il avait
lui-même vu les
blessures du policier Bernier et a nié que les balles aient
été tirées
du haut vers le bas – un fait qui est confirmé par le rapport
d'autopsie du corps d'Anas.
Dès le début de l'assemblée, Dauphin a
donné le ton en disant que les
questions ne devaient pas durer plus de 3 minutes (!) car plus de
trente personnes étaient inscrites. Il a aussi invité les
gens à rester
"civilisés" dans leurs interventions, tout en
menaçant de déconnecter
leur micro s'ils venaient à ne pas obtempérer. Sous
prétexte qu'il
avait présenté un mémoire, le président de
la Fraternité des Policiers
a eu l'autorisation "exceptionnelle" de parler près de 15
minutes.
Ensuite, une quinzaine de personnes ont déploré la
fermeture du poste 9
dans l'arrondissement
Hampstead-Montréal-Ouest-Côte-Saint-Luc -
chaqu'un d'entre eux pouvant parler pour beaucoup plus de trois minutes.
Après cela, un membre du Mouvement Action Justice (MAJ) a
posé des
questions sur l'affaire Anas. Dauphin leur a répondu qu'ils
étaient
"hors sujet" car ils ne parlaient pas directement de la "couverture des
services", et leur a demandé d’adresser leurs questions au
ministre de
la Sécurité publique Jacques Dupuis, et non à lui.
Un autre allié de la
Coalition a ensuite suggéré que la Commission TIENNE une
réelle
consultation populaire dans les quartiers s'ils voulaient savoir ce que
les gens pensent de la police, mais Dauphin lui a coupé la
parole sous
prétexte que son intervention avait dépassé 3
minutes. Un membre de la
Coalition Justice pour Anas a évoqué le silence total du
chef du SPVM
Yvan Delorme sur l'affaire Anas, puis a demandé si l'agent
Bernier
travaillait toujours au poste 25 et si oui, dans quelles fonctions.
Dauphin a répliqué qu'il avait dépassé ses
3 minutes sans répondre à la
question qui concerne pourtant le "sentiment
d'insécurité" que les gens
peuvent ressentir en sachant que des assassins armés se
promènent
encore en uniformes bleus dans les rues. Quant à Delorme, il a
choisi
de ne pas sortir de son silence
Ce fut ensuite le tour de Najlaa Bennis qui a demandé "Est-ce
qu'il va
falloir, comme aux Etats-Unis, un 2ième amendement pour que nous
portions tous des armes car les gens n'ont plus confiance dans la
police? ou bien simplement une enquête publique?" Dauphin a
été forcé
de lui répondre que "tout le monde ici est désolé
de ce qui est
arrivé", y compris l'agent Bernier, mais qu'il fallait suivre
les
démarches prévues dans un "état de droit". Najlaa
a répondu que c'est
ce que la famille Bennis a fait, en ajoutant: "vous savez que ça
ne
donne rien". Dauphin a ensuite affirmé qu'une rencontre avait eu
lieu
entre la famille Bennis et Marcel Tremblay de la Ville de
Montréal,
durant laquelle ce dernier a répété qu'ils ne
pouvaient "rien faire" et
que leur "marge de manoeuvre est limitée". Il a aussi
ajouté: "les
bandes vidéo, on les a pas", et il a promis de remettre à
la Coalition
une copie d'une lettre qu'il aurait envoyée trois semaines plus
tôt au
ministre de la Sécurité Publique (et depuis peu aussi
ministre de la
Justice) Jacques Dupuis, lui demandant "d'accompagner la famille".
Enfin, un autre membre de la Coalition a demandé ce que faisait
la
Commission face au profilage racial et particulièrement à
la panique
raciste qui semble être à l'origine de la mort d’Anas,
rappelant que
les balles venaient bien d'en haut et qu'on n'a jamais pu voir le
couteau qu'aurait utilisé anas pour attaquwer l'agent Bernier,
ce qui
contredit la version policière de "légitime
défense". Dauphin ne trouva
aucune réponse que : "Restez poli!", ajoutant "vous n'êtes
peut-être
pas satisfait de ma réponse, mais je vous ai répondu", et
précisant
qu'il y existait "d'autres forums pour ça". Il conclut en
affirmant
"vous êtes hors sujet, mais par compassion j'ai été
tolérant et ouvert,
et on dirait que vous en abusez!" Comme si le fait d'écouter
sans
répondre à nos questions sur la mort d'un homme
causée par un policier
constituait une forme quelconque d'ouverture ou de
générosité de la
part du président de la Commission responsable de la
sécurité publique
à Montréal!
Là-dessus, nous avons quitté cette consultation de
façade, promettant
de revenir jusqu'à ce que nous soyons réellement
satisfaits et que la
Commission reconnaisse que les bavures policières ne sont pas
"hors
sujet" lorsque l'on parle des policiers qui prétendent
protéger la
population.
La Coalition Justice pour Anas continue de lutter afin d'obtenir:
1. l'accès immédiat à tous les rapports, preuves
et informations
concernant la mort de Mohamed Anas Bennis pour la famille Bennis et le
public;
2. une enquête publique et indépendante complète
sur la mort de Mohamed Anas Bennis;
3. la fin de l'impunité et de la brutalité
policière.
Joignez-vous à nous pour nous soutenir, organiser et mobiliser
pour la justice.
La Coalition Justice pour Anas
Tél: 514-342-2111
Courriel: justicepouranas@gmail.com