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Compte-rendu de la cour et manif  

Montréal, le 26 juillet 2009

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Le 26 jullet, 2009, Montréal -- Les 29 et 30 juin 2009, la requête de la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal (FPPM) visant à faire annuler l'enquête publique du coroner sur la mort de Mohamed Anas Bennis était enfin débattue au Palais de Justice.

Alors que la Fraternité, les autorités et les médias tentent de faire passer la famille Bennis pour les coupables de « gaspillage de fonds publics », de perte de temps et de ne pas savoir ce qu'ils veulent, la réalité est fort différente. En fait, c'est le gouvernement et la police qui sont les premiers responsables de tous ces délais et dépenses, alors que la famille Bennis demande la même chose sans relâche depuis le début : POURQUOI?

Pour défendre sa requête indéfendable visant à nous cacher la vérité, la Fraternité (qui représente les agents Yannick Bernier et Jonathan Roy) est représentée par nul autre que Me Pierre Dupras, celui-là même qui représente les policiers Jean-Loup Lapointe et Stéphanie Pilotte, impliqués dans le meurtre de Fredy Villanueva à Montréal-Nord l'été dernier, de même que les six agents impliqués dans la mort de Michel Berniquez en 2003, également à Montréal-Nord. D'ailleurs, on peut dire qu'il est un procureur d'expérience en ce qui a trait à cacher au public la vérité dans les causes de bavures policières, car il a déjà réussi à interdire aux médias de publier la photo de Lapointe et Pilotte (qui est pourtant déjà disponible sur Internet) et à empêcher en première instance l'enquête publique du coroner qui devait avoir lieu pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort de Berniquez. Cette cause a été portée en appel et devrait revenir devant les tribunaux prochainement, c'est donc à suivre de près également.

Du côté de la Ville de Montréal et de la Ville de Québec et leur service de police respectif (SPVM et SPVQ), ils sont représentés par Me Pierre-Yves Boisvert pour Montréal et Denis Lavallée pour Québec. Répondant à un citoyen naïf qui s'étonnait que les villes soient assises du côté de la Fraternité et non pas des citoyens, Boisvert répondit froidement: « Il y a deux côtés, la gauche et la droite ». Inutile de dire qu'ils sont assis du côté droit du juge Claude Champagne.

Du côté gauche donc, nous retrouvons Me Alain Arsenault pour la famille Bennis, qui défend également la famille Villanueva, entre autres. Il est assis aux côtés du seul représentant du gouvernement à siéger du côté des citoyens, soit Me Frédéric Maheux, qui travaille pour le Procureur Général du Q uébec mais représente dans cette cause le Bureau du coroner, soit la coroner en chef du Québec.

Dans la salle étaient présents Najlaa Bennis, la soeur d'Anas, quelques membres et supporters de la Coalition Justice pour Anas qui portaient des T-shirts portant le visage d'Anas avec l'inscription « Vérité et justice pour Mohamed Anas Bennis, tué par la police de Montréal », ainsi que quelques journalistes.

Durant la pause du midi, la Coalition Justice pour Anas avait organisé un rassemblement devant le Palais de Justice pour dénoncer la requête de la Fraternité et exiger une fois de plus la justice et la vérité pour Anas. En plus de Najlaa Bennis, Philippe Robert de Massy de la Ligue des droits et libertés, Alexandre Popovic de la Coalition contre la Répression et les Abus Policiers (CRAP) et François Du Canal de la Coalition Justice pour Anas ont pris la parole pour exiger l'enquête publique, ainsi que la fin de la brutalité et de l'impunité policière. Ils ont entre autres aussi dénoncé le système des « politiques ministérielles » qui font que ce sont systématiquement des policiers qui enquêtent sur d'autres policiers quand ceux-ci tuent ou blessent grièvement des gens. Une douzaine de personnes étaient présentes (pas mal pour un lundi midi pluvieux) et plusieurs personnes qui étaient présentes au Palais de Justice pour d'autres causes ont exprimé leur solidarité avec les militantEs et avec la famille Bennis dans leur lutte pour la vérité et contre les abus policiers.

Me Boisvert pour la Ville de Montréal a insinué plusieurs fois que « certaines personnes » ne seraient jamais satisfaites dans cette affaire, même si on faisait 10 enquêtes publiques, car la réponse qu'on nous donne n'est pas celle qu'on voudrait entendre. Il est même allé jusqu'à comparer la famille Bennis à une adolescente qui ne veut pas comprendre quand on lui dit non... Honte à lui et aux siens!

Tout ce que la famille et la communauté exigent depuis le début, c'est simplement la vérité, toute la vérité et rien que... peut-être aussi la justice. Nous nous souvenons que sur 43 personnes tuées par la police de Montréal depuis 1987, des accusations ont été portées contre les policiers impliqués dans 4 cas seulement (Griffin, McKinnon, Barnabé et Lizotte). Et que dans deux de ces quatre cas les policiers ont été acquittés.

Évidemment, quand on nous sert du mensonge, du mépris et de l'injustice, nous ne dirons pas merci et bonsoir. Non monsieur! Nous continuerons de lutter jour et nuit aux côtés de la famille Bennis et de toutes les familles de victimes de bavures policières pour la vérité et la justice, à l'image du caractère pacifique d'Anas. Et nous ne seront JAMAIS satisfaits tant que nous n'obtiendrons pas un minimum de ce que nous demandons. La famille Bennis a suivi toutes les procédures légales et a toujours appellé la communauté à lutter pacifiquement pour la vérité et la justice. Si l'enquête publique était annulée avant même de commencer, cela aurait comme effet de discréditer davantage le système judiciaire aux yeux des gens.

Comme l'a dit Najlaa aux journalistes durant les audiences: «Ça fait presque quatre ans que ça traîne. Ils jouent sur le temps, sur notre fatigue. Depuis le début, nous avons été corrects. Nous avons tout fait pour que le calme règne dans la communauté, et promu la paix à l’image de mon frère. Mais ce calme ne nous a pas servis. Aujourd’hui, on rit de nous.»

Si le gouvernement n'avait pas attendu si longtemps avant d'ordonner une enquête publique, nous n'en serions peut-être pas là. Peut-être même qu'une recommandation aurait été faite puis appliquée par le gouvernement pour arrêter la brutalité policière et que le SPVM n'aurait pas fait encore cinq autres victimes depuis. La requête de la Fraternité ne fait que prolonger l'affaire et nous prouve qu'ils ont quelque chose à cacher.

La cause se poursuivra devant les tribunaux vraisemblablement en septembre 2009. Me Arsenault présentera alors les arguments de la famille Bennis contre la requête infâme de la Fraternité des Policiers visant à faire annuler l'enquête publique.

La lutte continue, plus que jamais...

Sources:

  • La présence en cour les 29 et 30 juin 2009 des membres et supporters de la Coalition Justice pour Anas
  • Les rapports du COBP sur l'affaire Anas Bennis (disponibles sur le www.CMAQ.net)