Français English

Conférence de presse — La famille Bennis refuse de participer à l’enquête du coroner si ses frais d’avocat ne sont pas assumés par le Bureau du coroner

La requête de la Coalition Justice pour Anas afin d’être reconnue comme personne intéressée est refusée


Mardi 26 avril 2011, 10h30
Centre des Travailleurs et Travailleuses Immigrants
4755 Avenue Van Horne, Salle 110
(Métro: Plamondon)

avec:

Mohamed Bennis, père d’Anas
Alain Arsenault, avocat de la famille Bennis
Samir Shaheen-Hussain, Coalition Justice pour Anas
Philippe Robert de Massy, La Ligue des droits & libertés


La famille Bennis à récemment reçu un avis formel lui confirmant que le Bureau du coroner refusait d'assumer les honoraires de l'avocat qui la représentera dans le cadre de l'enquête du coroner portant sur les causes et circonstances du décès de Mohamed Anas Bennis, dont le commencement est prévu pour le 27 avril 2011. Les nombreux appels au ministre de la Sécurité publique Robert Dutil pour faire renverser cette décision sont toujours sans réponse. Si ses frais juridiques ne sont pas absorbés par le Bureau du coroner, la famille Bennis ne sera pas en mesure de participer à l'enquête portant sur le décès d'Anas. Simultanément, la requête déposée par la Coalition Justice pour Anas afin d'être reconnue comme personne intéressée lors de l'enquête a été rejetée par la coroner Catherine Rudel-Tessier. À la veille du début de l'enquête du coroner, la famille Bennis, la Coalition Justice pour Anas et les nombreux groupes qui soutiennent leur démarche réitèrent la demande à l'effet que cette enquête se déroule de façon exhaustive, publique et indépendante. Anas Bennis a été abattu par l'agent Yannick Bernier du SPVM, le 1er décembre 2005.


Pour diffusion immédiate

La famille Bennis refuse de participer à l'enquête sur le décès d'Anas si ses frais d'avocat ne sont pas assumés par le Bureau du coroner

La requête de la Coalition Justice pour Anas afin d'être reconnue comme personne intéressée est rejetée

Montréal, le 26 avril 2011

Il y a plusieurs semaines, la demande de la famille Bennis pour que ses frais juridiques soient assumés par le Bureau du coroner dans le cadre de l'enquête sur les causes et circonstances du décès de Mohamed Anas Bennis, dont le commencement est prévu pour le 27 avril, a été rejetée par le Bureau du coroner. Depuis, les appels au ministre de la Sécurité publique visant à faire renverser cette décision sont restés sans réponse. C'est pourquoi, à la veille du premier jour de l'enquête, les membres de la famille Bennis n'ont d'autre choix que de boycotter l'enquête sur les causes et circonstances du décès d'Anas, qui a été tué par l'agent Yannick Bernier du SPVM le 1er décembre 2005.

Mohamed Bennis, le père d'Anas, qui s'est déplacé à Montréal depuis le Maroc pour assister aux audiences d'enquête et qui a malgré tout l'intention de s'y présenter au premier jour, s'explique ainsi : « Si notre avocat n'est pas défrayé par le Bureau du coroner, les seules parties qui prendront part à l'enquête sont celles qui défendent les intérêts de la police. N'oublions pas que ce sont ces mêmes parties qui, aux frais des contribuables, ont tout mis en oeuvre pour empêcher la tenue de cette enquête ! Dans de telles circonstances, qui peut sérieusement prétendre que cette enquête est équitable ? »

En même temps, la requête de la Coalition Justice pour Anas afin d'être reconnue comme personne intéressée dans le cadre de l'enquête a été rejetée par la coroner qui doit y présider, Catherine Rudel-Tessier. La Coalition Justice pour Anas est indignée par la décision du coroner. De l'avis de Samir Shaheen-Hussain, membre de la Coalition : « Nous travaillons sur ce dossier sans relâche depuis plusieurs années, et c'est justement notre connaissance approfondie du dossier qui nous met en position de soulever les préoccupations pertinentes de nombreux groupes et organismes communautaires. Le rejet de notre requête montre bien comment le public est tenu à l'écart de cette enquête. »

Après avoir passé des années à lutter pour que l'enquête ait lieu, et après avoir été entraînée dans une longue et dispendieuse bataille juridique contre la Fraternité des policiers et policières, qui cherchait carrément à faire annuler l'enquête, la famille Bennis se voit aujourd'hui forcée de boycotter les procédures. Considérant que l'enquête aura lieu à Laval, que les frais juridiques de la famille ne seront pas assumés par le Bureau du coroner et que la requête de la Coalition Justice pour Anas visant à être reconnue comme personne intéressée a été rejetée, il y a lieu de s'inquiéter quant à l'accessibilité réelle de l'enquête publique. Mohamed Bennis résume la chose ainsi : « Ce serait un lamentable simulacre de justice si l'enquête du coroner devait avoir lieu sans notre participation. Si une telle chose se produit, ce sera une enquête publique sans public. Ce sera une véritable mascarade. »

- 30 -