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[Affiché le 14 janvier, 2011]

Messages de la famille Bennis

Khadija Bennis (soeur jumelle d'Anas) et Mohamed Bennis (père d'Anas) était hors de la ville lors de la marche anniversaire pour commémorer Anas Bennis, le 4 décembre 2010. Les deux ont envoyé des messages addressés aux sympathisantEs de la Coalition Justice pour Anas. Leurs messages se trouvent ci-dessous...

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Khadija Bennis

Bonjour a tous, Merci d’être présents en ce jour que j’imagine froid.

Dieu sait combien j'aurais voulu être présente en ce moment, sachez que mon coeur est avec vous 5 ans déjà depuis la disparition de mon cher frère Anas, et du chemin a été parcouru depuis ce jour de tragédie. Votre présence et soutien durant toute cette épreuve qui continue me fait chaud au coeur ainsi qu’a toute ma famille, nous donne espoir et nous pousse à continuer la lutte pour la vérité. Anas et tant d autres sont morts. Perséverons en leurs mémoire dans notre quète de justice pour que leurs vies n’aient pas été volées en vain.

Merci encore.
Merci beaucoup.

Khadija Bennis, soeur jumelle d’Anas
Maroc, 4 décembre 2010


Mohamed Bennis

Mesdames, Messieurs,

Très touché encore une fois par le soutien et la sympathie que vous continuez à exprimer pour la cause de Anas Bennis. Je salue votre persévérance, votre acharnement et votre lutte pour que la vérité éclate au grand jour par le biais d’une enquête publique, qui reste le seul moyen pour con- naître les circonstances exactes dans lesquelles Anas Bennis a perdu la vie -- pour ne pas dire les circonstances de l’assassinat de Anas Bennis.

Anas Bennis a été la victime de l’arrogance. Anas Bennis a été la victime de l’incompétence du corps policier du poste 25 à Côte des Neiges, le matin du 1 décembre 2005.

Je vous rappelle que ce matin du 1er décémbre la police de Montréal effectuait une déscente sur cinq points différents à travers la ville. L’objectif de cette opération gigantesque était le dé- mantèlement d’un réseau de personnes soupçonnées être des éléments terroristes. J’imagine que compte tenu du danger extrême que représentaient les personnes à arrêter, dont l’une résidait ex- actement en face de la mosquée, Anas était présent dans cette rue et je suppose même qu’ il a tout vu. Compte tenu de son profil, de ses habits et de sa barbe, il a purement et simplement fait peur a aux policiers Roy et Bernier. Ce dernier l’a lâchement achevé de deux balles alors qu’il était au sol (cette information se retrouve dans le rapport de la police de Québec).

Dans le rapport d’enquête, le policier Bernier insiste plusieurs fois sur le fait qui il a eu peur pour sa vie et qu’il a été attaqué avec un couteau et qu’ il a agit en légitime défense. Pour crédibi- liser sa déclaration, ses confrères de la police de Québec ont illustré leur rapport avec une photo de Bernier montrant une plaie de six centimètres au cou supposément causée par un couteau sur lequel on a oublié de prendre des empreintes ou de faire des analyses. Mais le plus drôle est que le même rapport mentionne noir sur blanc l’absence de trace de sang sur la chemise et le tricot de peau de M Bernier. [...]

J’ai grand espoir que l’enquête publique dévoile beaucoup d’éléments concernant cette tragédie qui a frappé ma famille depuis cinq ans. L’arrogance du ministre de la sécurité publique de l’époque m’a privé de l’accès aux documents de l’enquête sous prétexte de la politique ministéri- elle et du secret d’état mais la réalité est autre chose : c’est tout simplement la famille policière qui cherche à protéger un policier au détriment de la vie d’un citoyen.

Le jour où ces documents seront rendus publics, croyez moi Mesdames Messieurs, ce sera une honte dans l’histoire de la police du Québec.

Encore une fois merci à toutes et a tous.

Mohamed Bennis
Casablanca le 03/12/2010